La santé

La lutte contre la fistule obstétricale

L’objectif de ce programme est d’assurer la prise en charge médicale des femmes souffrant de fistules obstétricales et de les aider dans leur réinsertion sociale. 

Contexte et justifications

La Fistule Obstétricale (FO) est une perforation de la paroi vaginale qui communique avec la vessie ou le rectum à la suite d’un travail d’accouchement long et difficile. Elle se manifeste par une perte d’urine et parfois de matières fécales par le vagin engendrant une souffrance physique, psychologique et sociale. 

Elle constitue une composante essentielle du volet santé de la femme en santé de la reproduction et est devenue un véritable problème de santé publique. En Afrique au sud du Sahara, on compte en moyenne 50 000 à 100 000 nouveaux cas chaque année. 

Au Bénin, les données statistiques qui sont surtout hospitalières révèlent que de 2005 à 2015, 1277 cas de FO ont été dépistés, 1111 ont été réparés et 894 ont été guéri soit un taux de succès de 81% (Annexe 1). Ces femmes porteuses de FO sont souvent exclues de la société et sont donc de fait d’un niveau socio-économique défavorisé. 

Mais au-delà de la fistule obstétricale, la perte d’urine et/ou de matières fécales constituent un drame dans la vie d’une femme. Au cours des campagnes de dépistage des fistules obstétricales, la porte d’entrée étant la perte d’urine, il est souvent diagnostiqué concomitamment beaucoup de cas d’incontinence urinaire. 

Toutes les structures sanitaires ne sont cependant pas spécialisées dans la prise en charge des cas. Parmi les pôles de réparation disposant de l’expertise on peut citer l’Hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta, l’Hôpital Evangélique de Bembèrèkè, le Centre National Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou (CNHU-HKM), le CHU-MEL et le Centre Régional Intégré de Parakou. 

Seuls l’Hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta, l’Hôpital Evangélique de Bembèrèkè et le service d’urologie du CNHU-HKM ont été réellement appuyés par l’UNFPA ces dernières années. 

Le Centre Régional de Parakou a bénéficié depuis 2 ans de l’appui du Royaume des Pays Bas à travers le projet NICHE. La mise en place de ce projet a bénéficié de l’expertise de l’équipe du CHU-MEL. 

Les missions de réparation des FO aux niveaux de ces structures permettent le renforcement de compétence des médecins stagiaires (gynécologues, chirurgiens, médecins inscrits en 4ème année du Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES) de gynécologie-obstétrique, médecins inscrits en DES d’urologie) sur les techniques de réparation des FO.  

Au niveau des départements du nord du pays, deux ONG interviennent activement dans la recherche active des cas ainsi que la réinsertion sociale des cas guéris.  Au niveau de la région méridionale du Bénin, le CHU-MEL, un des centres de prise en charge qui a été identifié pour la prise en charge des cas et qui dispose de l’expertise nécessaire n’a jamais bénéficié de l’appui des partenaires pour opérationnaliser ses capacités de prise en charge. 

Il est donc important de créer toutes les conditions pour que le dépistage des cas au niveau de ces régions ainsi que leur prise en charge en temps réel soit une réalité à travers des ONG et le CHU-MEL ce qui motive l’élaboration du présent projet.  

1. La prise en charge des femmes porteuses de fistule obstétricale

La Fondation Claudine Talon a inscrit la lutte pour l’éradication de la fistule obstétricale (FO) au Bénin dans son programme d’actions prioritaires. 

Elle devient ainsi un maillon de la chaîne de prise en charge de la FO qui s’articule autour de 3 volets: la recherche des femmes porteuses, la réparation chirurgicale et la réinsertion sociale post-opératoire des femmes guéries. 

2. Recherche de femmes porteuses

Formation de relais communautaires capables d’identifier et d’orienter les femmes porteuses de fistules obstétricales ; 

Mise en place d’un numéro de téléphone gratuit +229 69 59 88 88, canal d’information sur la maladie, sur sa prise en charge ainsi que pour la notification des malades ; 

Campagne de sensibilisation intitulée « La fistule obstétricale n’est pas une fatalité, elle se guérit » à travers des témoignages et des spots télévisés et radiodiffusés ; 

Diffusion sur les chaînes de télévision et sur grand écran cinématographique du film « DRY ».

Ces différentes stratégies de communication initiées par la FCT pour sensibiliser le plus grand nombre a permis sur ces 12 mois de : dépister plus de 183 femmes dont 155 confirmées porteuses de FO ; opérer 133 femmes sur les 155 cas confirmés ; guérir 121 femmes sur les 133 opérées soit un taux de réussite de 91 % ; doter 107 femmes pour une AGR (90 sur les missions de 2018 + 17 femmes de la dernière mission de 2017).

Notons que les femmes opérées et déclarées guéries au cours de la dernière mission qui a eu lieu fin no- vembre 2018, séjournent actuellement au centre et auront leur AGR fin janvier / début février 2019, elles sont au nombre de 31.

3. Réinsertion sociale des femmes guéries

À travers ce volet de prise en charge, 2 principaux objectifs sont visés : la totale guérison des femmes opérées et leur autonomisation. 

La Fondation a créé un centre d’accueil pour garantir l’atteinte du premier objectif. 

Inauguré le 12 avril 2018, le centre aménagé sur le campement de Biakou, à quelques kilomètres de l’hôpital St Jean de Dieu de Tanguiéta, a une capacité d’accueil de 40 personnes et dispose de divers locaux annexes tels que ateliers de formation, buanderie, cuisine, réfectoire, salle télé, guérite et blocs de toilettes. 

Pendant leur séjour au centre, les femmes bénéficient de formations à divers métiers notam- ment : perlage, couture, tricotage, tissage, fabrication de savon, etc..

À leur sortie, elles reçoivent une aide matérielle et financière d’une valeur de 200 000 FCFA (100 000 FCFA en matériels et fournitures, 100 000 FCFA comme fonds de roulement) leur permettant d’entreprendre une Activité Génératrice de Revenus (AGR) de leur choix.

Pour faciliter le déplacement des femmes entre le centre et l’hôpital pour leur suivi médical post-opératoire, la Fondation a fait don à l’hôpital d’un minibus neuf de 15 places.

Pour rester fidèle à son credo «pérennité après projet» et pour optimiser les efforts fournis par chaque partenaire de la chaîne de solidarité, la Fondation a mis en place un processus de suivi-évaluation en s’appuyant sur 5 ONG locales intervenant déjà dans la recherche des femmes porteuses de FO. 

Ces ONG ont pour mission de s’assurer d’une part qu’une fois de retour chez elles, les femmes respectent les prescriptions médicales pour ne pas rechuter et d’autre part, qu’elles tiennent leur engagement de faire prospérer l’activité de leur choix en vue de leur autonomi- sation effective. 

Afin de leur faciliter le travail de détection et de suivi sur le terrain, la Fondation a mis à leur dis- position 2 motos par ONG plus une allocation forfaitaire mensuelle de 100 000 FCFA.

 

 

Le projet en chiffres

0
Femmes dépistées
0
Femmes opérées
0
Femmes guéries
0
Femmes appuyées pour des AGR